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Full text of "Des abcès du sein pendant la grossesse : thèse présentée et publiquement soutenue à la Faculté de médecine de Montpellier le 13 juillet 1903"

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DES 




ABCÈS DU SEIN 

PENDANT LA GROSSESSE 
THÈSE 



Le 13 Juillet 1903 



PAR 

Abraham BONAN 

Né à Tunis, le 12 Décembre 1878 

POUR OBTENIR LE TITRE DE DOCTEUR EN MÉDECINE 




MONTPELLIER 

IMPRIMERIE DELORD-ROEHM ET MARTIAL 

EDITEURS DU MONTPELLIER MÉDICAL 



1903 



PERSONNEL DE LA FACULTÉ 



MM MAIRET (&) Doyen 

FORGUE Assesseur 



PROFESSEURS : 





MM. GRASSET (&). 




TEDENAT. 


Clinique obstétricale et Gynécologie 

Charg. du Cours, M. PUECH. 

Thérapeutique et Matière médicale 


GRYNFELTT 

HAMELIN (*). 
CARRIEU. 


Clinique des maladies menti les et nerveuses 


MAIRET (&). 
IMBERT. 


Botanique et Histoire naturelle médicale 


GRANEL. 

FORGUE. 




TRUC. 




VILLE. 




HEDON. 




VIALLETON. 




DUCAMP. 




G1LIS. 




ESTOR. 




RODET. 




SARDY. 




BAUME L. 




BOSC. 




BERTIN-SANS H 



Doyen honoraire : M. VIALLETON. 

Professeurs honoraires : MM. JALJMES, PAULE'L (O. BERTIN-bANS E.fO. 



CHARGÉS DE COURS COMPLÉMENTAIRES 

Accouchements MM - VALLOIS, agrégé. 

Clunque ann. des mal. syphil. el cutanées. . , BROUSSE, agrégé. 

Clinique annexe 'les maladies des vieillards... . VEDEL, agi ego. ^ _ 

Pathologie externe ‘" L n éon - a ^ é - 

Pathologie générale RAYMOND, agrégé . 

AGRÉGÉS EN EXERCICE 

MM BROUSSE. MM. VALLOIS. MM. L. IMBERT. 

RAUZ1ER MOURET. VEDEL. 

MOLTESSIE1L GALA VIELLE J ^ T N T ^ AÜ - 

de ROUVILLE. RAYMOND. POUJOL. 

PLTECH. VIRES. 



M. H. GOT, Secrétaire. 



EXAMINATEURS DE LA THÈSE 

MM. FORGUE, Professeur, Président. | MM. DE ROUVILLE, Agrégé. 
PUECH, Chargé de Cours. 1 IMBERT L., Agrégé. 



La Faculté de Médecine de Montpellier déclare que les opiuions emises dans les 
Dissertations qui lui sont présentées doivent être considérées comme propres a leur 
auteur; qu’elle n’entend leur donner aucune approbation ni improbation. 






A MON PÈRE ET A MA MÈRE 

Faible témoignage de ma profonde 
reconnaissance. 



A MES ERÈRES ET A MES SŒURS 



A MA GRAND’MÈRE 






A. Bon an. 



A LA MÉMOIRE DE MON TRÈS REGRETTÉ GRAND’PÈRE 

Isaac BONAN 



A LA MÉMOIRE DE MES TRÈS REGRETTÉS GRANDS PARENTS 

Esther et Moïse ATTIAS 



A TOUS MES PARENTS 



A MES AMIS 









A. 







Bonan. 






A Monsieur le Professeur A. MAIRET 

DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE MONTPELLIER 
CORRESPONDANT DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 
CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR 

A MON PRÉSIDENT DE THÈSE 
Monsieur le Professeur E. FORGUE 

PROFESSEUR DE CLINIQUE CHIRURGICALE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE 
DE MONTPELLIER 

MEMBRE CORRESPONDANT DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 



A Monsieur le Professeur- Agrégé De ROU VILLE 



A Monsieur le Professeur-Agrégé P. PUEGH 



A Monsieur le Professeur-Agrégé L. IMBERT 



A. Bon an. 



A Monsieur le Docteur J. BRAQUEHAYE 

PROFESSEUR AGRÈGE DE CHIRURGIE A LA FACULTÉ DE BORDEAUX 
CHIRURGIEN EN CHEF A L’HOPITAL CIVIL FRANÇAIS DE TUNIS 
CORRESPONDANT NATIONAL DE LA SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE PARIS 



A Monsieur le Docteur A. BRUCEi 

CHIRURGIEN TITULAIRE DE L’HOPITAL CIVIL FRANÇAIS DE TUNIS 

(maternité ET enfants) . 



A TOUS MES MAITRES 

DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE MONTPELLIER 



A. Bon an. 



DES 



ABCÈS DU SEIN 

PENDANT LA GROSSESSE 4 



INTRODUCTION 



Les abcès. du sein survenant au cours de la lactation ont 
fait l’objet de nombreux travaux jusqu’à ce jour, et il est 
certain qu’à l’heure actuelle, tous les points jadis obscurs, 
relatifs à la pathogénie de ces inflammations, sont mainte- 
nant bien éclaircis. La théorie de Nélaton et de ses élèves, 
qui faisait de ces abcès, des abcès lymphangitiques, est pour 
toujours tombée dans l’oubli; elle a tait place à la théorie 
de Velpeau et de Chassaignac, qui ont montré l’origine cana- 
liculaire de ces abcès. Partant, la pathogénie elle traitement 
sont devenus fort clairs. 

S’il en est ainsi des abcès du sein puerpéraux, on peut 
dire que les abcès du sein, survenant dans le cours de 1a. 
grossesse, n’ont pas été bien étudiés. 

La raison en est fort simple : on les rencontre très rare- 
ment. Je connais, pour ma part, de vieux praticiens qui, 
dans leur longue carrière, n’en ont pas rencontré un seul. 



8 



Cette question est encore intéressante, au point de vue de la 
patliogénie. La pathogénie de ces abcès est toute simple 
lorsqu’on trouve sur l’aréole ou le mamelon une porte 
d’entrée pour les microbes telle que fissure du mamelon, 
eczéma et toute sorte de solutions de continuité causées 
par une maladie parasitaire quelconque, gale, poux du 
corps, etc. Mais comment expliquer les abcès du sein surve- 
nus chez des femmes enceintes qui ne 'présentaient aucune 
solution de continuité au niveau de l’aréole et du mamelon? 
Nous avons, dans certains cas, fait appel à la théorie du 
microbisme latent, et, dans d’autres, nous avons admis une 
infection faite par la voie sanguine. Ces cas d’infection par 
la voie sanguine, pour ne pas être bien fréquents, n’en 
existent pas moins. Nous citons, dans notre thèse, des 
observations fort nettes à ce sujet. 

Nous avons divisé notre travail en cinq chapitres : 

I. Physiologie de la mamelle. 

II. Historique des abcès du sein. 

III. Etiologie et pathogénie. 

IV. Symptomatologie. 

V. Traitement. 

Observations cliniques. 

Nous ne pouvons pas terminer cette courte introduction 
sans remercier vivement Monsieur le professeur Forgue, 
pour le grand honneur qu’il nous fait en acceptant la prési- 
dence de notre thèse. 

Que Monsieur le professeur agrégé de Rouville, qui a bien 
voulu nous aider dans notre travail, reçoive l’expression de 
notre vive reconnaissance. 

A tous nos Maîtres de la Faculté de médecine de Mont- 



— 9 — 



pellier nous promettons de mettre à profit tout le bel ensei- 
gnement qu’ils nous ont donné. 

Que Monsieur le professeur agrégé Braquehaye et Monsieur 
le D r Bruch nous permettent de les remercier vivement pour 
nous avoir autorisé à suivre, durant les vacances de nos 
années scolaires, leurs services respectifs à l’hôpital civil 
français de Tunis. 



CHAPITRE PREMIER 



Physiologie de la mamelle - 

La mamelle est une glande en grappe destinée à la sécré- 
tion du lait. Elle est composée, comme toutes les autres 
glandes de la même espèce, d’acini, de conduits canali 
culaires et enfin de conduits excréteurs. 

Mais cette constitution n’existe pas à toutes les époques 
de la vie En dehors de la naissance, de la puberté, delà 
grossesse et de la lactation, la glande n'existe pas, et, comme 
l’a dit M. le professeur Forgue, c’est une plaque fibreuse 
parcourue par quelques bourgeons épithéliaux, c Viennent 
la grossesse et la lactation, ces bourgeons s’accroissent, se 
ramifient et à leurs extrémités se forment des vésicules 
glandulaires». 

De sorte que, si l’on fait une coupe à cette époque, dans la 
glande, on trouve des cellules épithéliales doublant les 
alvéoles, plusieurs de ces cellules contiennent un globule 
gras et dans la cavité de quelques-unes des alvéoles se trou- 
vent des globules de lait et de la substance granuleuse. 11 
ne faut pas oublier, en effet, qu’au milieu de la grossesse on 
peut déjà faire sortir par le mamelon un liquide jaunâtre 
dans lequel nagent des cellules épithéliales remplies de 
granulations graisseuses et des débris de ces mêmes cellules. 

Le liquide n’est pas du lait véritable, c’est du colostrum 
dont la sécrétion se fait d’une façon très active pendant les 
trois ou quatre premiers jours qui suivent l’accouchement. 



11 



Les modifications précédentes retentissent naturellement 
sur les régions voisines de la glande. Les mamelles se gon- 
flent et deviennent plus saillantes. La peau est distendue à 
la périphérie, les veines sous-cutanées sont plus apparentes. 
Au centre, l’aréole est plus large, elle se tuméfie, se bour- 
soufle, et se détache quelquefois sur le sein comme le verre 
d’une montre. Sur elle se développe une série de petites 
saillies, au nombre de dix à douze tubercules de Montgomery, 
d’où l’on peut faire sortir par la pression un liquide analo- 
gue au colostrum. Enfin, autour de l’aréole primitive, se 
développe, chez les femmes brunes surtout, une deuxième 
aréole beaucoup plus large, qui, partant de l’aréole vraie, 
s’étend et se perd insensiblement dans la peau de la mamelle . 
Elle a un aspect quadrillé qui est du à une série de petites 
taches blanches limitées par des lignes brunes, qui lui ont 
fait donner le nom d’aréole tachetée ou mouchetée. Au cen- 
tre de chaque tache blanche se trouve un petit point noir qui 
n’est autre que le point d’émergence d’un petit poil recon- 
naissable à la loupe. 

Tous ces changements que nous avons notés plus haut 
sont, comme nous le verrons plus tard, très importants. Ils 
nous montrent bien la glande mammaire subissant un travail 
physiologique intense, travail qui fera d’elle un locus mino- 
ns resistentiæ, et favorisera par suite l’infection en ce point. 



CHAPITRE II 



Historique 

Les abcès du sein se rencontrent à tous les stades de la 
vie. On a vu le sein suppurer chez le nouveau-né, chez l’ado- 
lescent, chez la femme enceinte et chez la nourrice. 

Nous ne nous occupons dans notre travail que des abcès 
qui surviennent pendant la grossesse. 

A titre purement historique, rappelons qu’Hippocrate et 
Aristote croyaient que ces abcès étaient causés par un poil 
que la femme aurait avalé et qui serait venu s’éliminer par 
le sein ! 

Plus tard on a parlé de filaments qui venaient s’éliminer 
par le sein. 

La glande mammaire, dès le début de la gestation, com- 
mence à se mettre dans des conditions de congestion, d’hy- 
pertrophie et de multiplications cellulaires qui sont très 
favorables à la production de l’abcès. Tout en étant rares 
pendant la grossesse, les abcès du sein n’en existent pas 
moins. Ainsi Velpeau, qui a réuni dans son ouvrage, « sur 
les maladies du sein », 292 cas d’abcès du sein, nous dit que 
15 seulement de ces abcès sont survenus dans le cours de la 
grossesse. 

Selon ce chirurgien illustre, une simple contusion chez 
les femmes enceintes peut faire naître d’abord une phleg- 
masie sous-cutanée, puis parenchymateuse. Il a rarement 



13 — 



observé le phlegmon sous-cutané, presque toujours il s’agit 
d’une inflammation glandulaire et quelquefois il y a un sim- 
ple engorgement. 

Chassaignac, dans «son traité de la suppuration», en par- 
lant des abcès sous-cutanés circonscrits de la mamelle, dit : 
« L’état puerpéral et l’allaitement en sont certainement les 
causes prédisposantes les plus fréquentes et les mieux éta- 
blies ». Pour lui, ces abcès sont souvent consécutifs à des 
excoriations, crevasses, eczéma, impétigo du mamelon et de 
l’aréole et reconnaissent une origine angioleucitique. 

Mais, ajoute-t-il, en dehors de ces circonstances, l’affection 
qui nous occupe se produit bien plutôt par suite de coups, 
de chutes, de violences extérieures de toute sorte, d’irrita- 
tions causées par les frottements de la chemise et du corset, 
par des vésicatoires, une brûlure, etc., etc., que la femme 
nourrisse, qu’elle soit enceinte ou non. 

Chassaignac glisse bien rapidement sur ces abcès, se bor- 
nant à reconnaître à la grossesse une intluence.sur l’origine 
de certains abcès, que relèvent surtout de coups et des 
autres causes qu’il signale. 

En 1835, il a publié une observation très intéressante que 
nous publions plus loin. 

Nélaton, dans son Traité de pathologie externe, pour faire 
comprendre l’évolution lente et spontanée des abcès de la 
glande mammaire chez la femme en état de gestation, admet 
d’une façon vague l’influence d’une prédisposition générale. 

Bories, dans sa thèse, en 1858, dit : «Si en dehors de l’état 
puerpéral un abcès parcourt assez rapidement ses périodes, 
il n’en est malheureusement pas de même quand l’affection 
a débuté pendant la grossesse. Ici, en effet, l’afflux physiolo- 
gique des liquides, qui donne probablement lieu à la phleg- 
masie, continue sans cesse son action. Aussi les soins les 
mieux dirigés sont-ils souvent impuissants à guérir la sup- 



14 — 



puration qui semble intarissable, pour que la maladie ait 
sa fin il faut que l’accouchement ait lieu. » 

Le docteur Ricard, dans sa thèse (1880), insiste particu- 
lièrement sur la pathogénie de ces abcès et montre l’impor- 
tance des excoriations du mamelon ou de l’aréole, comme 
une porte d’entrée pour les microbes. On trouve dans cette 
thèse 3 observations démonstratives dont M. le professeur 
Tarnier fait mention dans le ?e volume de son Traité 
d'accouchement. 

C’est d’ailleurs le seul ouvrage, à notre connaissance, qui 
consacre un petit chapitre à cette question. 

Boutet, dans sa thèse de doctorat, 1894, a bien étudié les 
abcès du sein pendant la grossesse. 



CHAPITRE III 



Etiologie et Patliogénie 
I 

Dans ce chapitre nous étudierons l’étiologie et la pathogé- 
nie des abcès du sein qui surviennent : 

1° Pendant l’allaitement ; 

2° Pendant la grossesse. 

La mastite puerpérale s’observe le plus souvent chez les 
femmes accouchées depuis quinze à vingt jours. C’est du 
moins l’opinion de la plupart des auteurs qui ont étudié la 
question. Cependant Kœhler à Bàle et Deiss à Heidelberg 
ont établi que le début était moins éloigné de l’accouchement 
qu’on ne l’avait dit jusque-là. Selon Velpeau, les inflamma- 
tions mammaires sont plus fréquentes chez les femmes qui 
nourrissent, et surtout chez les femmes qui, ayant commencé 
à allaiter pendant quinze ou vingt jours, sont obligées d’in- 
terrompre la lactation. 

Le professeur Gosselin distingue deux qualités de mam- 
mites post-puerpérales: l’un e suppurante, chez des femmes 
ayant allaité quinze à vingt jours, l’autre non suppurante et 
qui n’est en somme qu’un engorgement un peu douloureux 
chez les femmes qui n’ont pas nourri ou ont cessé de nour- 
rir au bout de trois à quatre jours. 

11 ne faudrait pas croire que la mammite est forcément 
liée à l’existence d’une crevasse ou d’une fissure. Deiss rap- 



— 16 



porte une statistique dans laquelle tout accident de cette 
nature manquait dans la moitié des cas. 

La pathogénie de la mammite puerpérale a été l’objet de 
plusieurs théories différentes. 

La première en date est certainement la théorie de « l’en- 
gorgement laiteux». La stase laiteuse était supposée capable 
de provoquer à la longue une inflammation parenchyma- 
teuse de la glande mammaire. Selon Velpeau, le lait agirait 
ici comme corps étranger. Chassaignac prouvait l’origine 
intra-canaliculaire de la mammite en faisant remarquer que 
dans les premiers temps on fait souvent, en pressant sur le 
sein, sourdre du pus avec du lait par les canaux galactopho- 
res. Le professeur Budin a démontré la réalité de cette issue 
du pus par l’artifice suivant : il applique sur le mamelon un 
tampon d’ouate hydrophile qui se laisse imbiber par le lait 
et retient le pus à sa surface. 

Nélaton et ses élèves, Richard en particulier, s’élevèrent 
contre cette manière de voir et cherchèrent à établir que les 
essais puerpéraux étaient neuf fois sur dix des abcès lym- 
phangitiques dont le point de départ devait être cherché dans 
les fissures et les excoriations du mamelon. 

Pour eux, l’engorgement laiteux était consécutif et non 
pas primitif comme le pensaient Velpeau et Chassaignac. 

Cette théorie, bien qu’elle ne reposât pas sur une preuve 
positive, a été admise pendant quelque temps par la plupart 
des chirurgiens de l’époque. Il faudrait reconnaître ici pour- 
tant que Dupldy, Lannelongue et Tripier n’ont voulu jamais 
admettre pareille théorie. 

Les objections que l’on peut adresser sont sérieuses et nom- 
breuses. Comment avecunepareille théorie peut-on expliquer: 

« a) La disposition même de l’inflammation par foyers isolés 
correspondant aux lobes de la glande. 



17 



« b) L’existence bien constatée de suppurations intracanali 
culaires dont les produits se mêlent au lait. 

« o L’écoulement dulaitpar les ouvertures spontanées ou 
chirurgicales des abcès mammaires. 

« d ) L’absence commune d’adénite axillaire, qui ne se 
comprendrait guère en cas de lymphangite. 

«e, L’absence une fois sur deux de tissure du mamelon. 

« f jLa nécessité d’admettre que l’inflammation se propage- 
rait dans le sens inverse du cours de la lymphe. 

i 

Toutes ces objections sont comme on le voit très sérieu- 
ses, et elles ne peuvent que faire tomber dans le complet 
oubli la théorie de Nélaton. 

Enfin, à toutes ces objections, la bactériologie est venue 
donner son appui considérable. On a trouvé dans le lait 
des malades atteints de mastite, de nombreux microbes. 
Nunn a trouvé dans un abcès du sein un micrococcus. Il se 
l’est inoculé ainsi qu’à deux autres personnes et tous les 
trois ont eu un abcès au point d’inoculation. 

Colin dans un phlegmon du sein a trouvé le staphylococcus 
pyogenes aureus. 11 a inoculé ce pus sur le dos d’un chat, 
et il s’est formé en ce point un abcès. Une femme de service 
s’étant piquée par hasard avec la seringue qui avait servi à 
faire l’inoculation eut un phlegmon grave. Dans les deux 
cas on retrouva le staphylococcus aureus. 

Monsieur Vignal a rencontré, sur huit observations de 
galactophorites recueillies dans le service de M. le profes- 
seur Budin, sept fois le staphylococcus pyogenes aureus ou 
albus et une seule fois le streptococcus. 11 résulte donc de 
toutes ces constatations que le staphylococcus est presque 
constant tandis que le streptococcus est très rare. 

Après avoir bien noté la présence des microbes dans le 
pus provenant des mastites puerpérales, il serait intéressant 

2 . 



\ 



18 — 



de se demander si le lait des femmes accouchées, bien por- 
tantes, est stérile. 

Ringel a examiné le lait de 25 femmes en couches, dont 
12 sont bien portantes et 13 malades. De son examen il est 
résulté que le lait était stérile chez 3 femmes seulement dont 
une bien portante ; chez toutes les autres il a rencontré dix- 
sept fois le staphylococcus pyogenes albus et deux fois l’al- 
bus mêlé au streptococcus pyogènes. 

Ringel admet que les staphylococcus viennent de l’exté- 
rieur tandis que le streptococcus seul est apporté de l’utérus 
par la circulation . 

Il serait intéressant de savoir si pendant la grossesse le 
lait est stérile et si ces microbes ne se montrent que du 
jour où le sein est en contact avec la bouche de l’enfant. Il 
existe des exemples d’abcès du sein à la suite de contusion 
qui peuvent s’expliquer par la présence constante de ces 
microbes dans le lait. 

Charrin, dans « le Bulletin de la Société de Biologie de 
1895», àlasuitede recherches bactériologiques faites sur le 
lait de nourrices, dit qu’il est permis d'affirmer que les 
glandes mammaires à l’état d’activité contiennent assez 
fréquemment des bactéries. 

II 

En dehors des abcès mammaires que l’on observe au 
cours de la lactation, on rencontre des abcès mammaires 
survenant quelques jours après la naissance, à la puberté 
et enfin pendant la grossesse. 

Nous allons maintenant laisser de côté les deux premiers 
pour ne nous occuper exclusivement que de l’étiologie et de 
la pathogénie des derniers. 

Pour montrer la rareté excessive de ces abcès du sein, il 



— 19 — 

es t important de citer un peu les statistiques de certains chi- 
rurgiens. 

Ainsi, Br y cmt, sur 102 cas d’abcès du sein, en a observé 
70 pendant la lactation et deux seulement pendant la 
grossesse. 

Nnnn sur 65 cas d’abcès du sein en a observé 58 chez des 
nourrices et 7 chez des femmes enceintes. 

Billroth, sur 50 cas d’abcès du sein, en a trouvé 46 pen- 
dant la lactation et 4 pendant la grossesse. 

Dans la statistique du service du Docteur Champetier de 
Kibes, sur 500 accouchées dont la grossesse a été observée 
dans une durée de près de six mois, on ne voit que deux cas 
de lymphangite sans induration des lobules mammaires et 
sans suppuration. 

Entin, sur 292 cas d’abcès du sein, relevés par Velpeau, on 
ne ti ouve que 15 abcès pendant la grossesse. 

D’après Gillette, les femmes dont les mamelles sont volu- 
mineuses, pendantes, seraient les plus sujettes à ces abcès. 
Pour lui encore, ces abcès se développeraient plutôt à la fin 
de la grossesse. Mais, à la lectu-re de nos observations, on 
vena facilement que ces abcès >ont survenus à tous les 
moments de la grossesse. 

Ruschlewsky a trouvé en provoquant une inflammation 
artificielle sur les animaux que, chez les femelles qui étaient 
au début de leur grossesse ou qui n’étaient pas pleines, 
l’inflammation débutait par le tissu interstitiel. Ensuite, si 
l'inflammation atteignait un plus haut degré, l’épithélium 
piésentait la métamorphose graisseuse sans cependant subir 
de modifications plus importantes. 

Mais, si lesjmimaux étaient aune époque plus avancée de 
la grossesse, les premières modifications avaient leur siège 
dans l’épithélium glandulaire. Quoique cet auteur n’ait 
jamais remarqué une véritable production de pus dans les 



— 20 



conduits galactophores et dans les acini, il a vu cependant 
un exsudât mêlé à de nombreuses cellules en même temps 
que l’épithélium augmentait de volume et présentait deux 
noyaux. 

La mastite puerpérale étant plus fréquente chez les pri- 
mipares que chez les multipares dans la proportion de 
67.6 %, demandons-nous s’il en est de même pour la mas- 
tite de la grossesse ? 

D’après les observations que nous avons parcourues et 
dont nous publions un grand nombre à la fin de notre 
travail, il résulte qu’il s’agit presque toujours de primi- 
pares. 

Le siège des abcès est indifféremment à droite ou à gauche 
pendant la grossesse, alors que pour les mastites puerpé- 
rales on a Irouvé que, sur 515 cas, 290 étaient à droite et 
227 à gauche. 

Il est intéressant maintenant de se demander quelle est 
la cause productrice de ces abcès pendant la grossesse. 

Nélaton, dans son traité de Pathologie externe, pour faire 
comprendre l’évolution lente et spontanée des abcès de la 
glande mammaire chez la femme en état de gestation, admet 
d’une façon vague l’influence d’une prédisposition générale. 

Les abcès du sein pendant la grossesse se produisent à la 
suite de contusions. 

Il semble même que la contusion à elle seule suffit à four- 
nir un abcès, si l’on admet le microbisme latent dans cette 
glande qui pendant la grossesse est un loci/s mïnoris resis- 
tentiæ. 

Ricard, dans sa thèse de 1880, insiste particulièrement sur 
la pathogénie de ces abcès et montre l’importance des ; 
excoriations de l’aréole comme porte d’entrée des microbes. 
Beaucoup de conditions peuvent donner naissance à ces 
excoriations. En dehors des causes accidentelles, les égrati- 



— 21 



gnures, les écorchures, la gale, qui a comme ôn le sait un 
siège de prédilection sur la mamelle, nous ferons remar- 
quer que, le séin et surtout le mamelon étant à ce moment 
le siège de démangeaisons souvent assez vives, la femme est 
portée à se gratter et par conséquent à s’écorcher. 

Nous citons à la fin de notre travail quelques observations 
empruntées à la thèse de M. Ricard, relatives à des abcès 
du sein survenus chez des femmes enceintes, atteintes de 
la gale. 

S’il est bien aisé d’expliquer la formation d’un abcès du 
sein quand on trouve une porte d’entrée de microbes, une 
fissure fùt-elle petite, sur l’aréole et le mamelon, il n’en est 
plus de même quand on remarque .que ces derniers ne pré- 
sentent aucune solution de continuité. 

Les germes sont-ils apportés par la voie sanguine ? 

Les observations d’abcès du sein survenus à la suite d’une 
infection faite par la voie sanguine, pour ne pas être très 
/ nombreux, n’en existent pas moins. Ainsi Hennig rapporte 
un cas dans lequel un abcès métastatique du sein a apparu 
dans le cours d’une fièvre typhoïde. Sarfert relate un cas 
d’abcès du sein fort intéressant, où l’on put isoler le gono- 
coque chez une temme dont les sécrétions vaginales renfer- 
maient ce microbe. 

Tellier, de Lyon, a rapporté, à propos de mastite de la 
puberté, une observation fort intéressante. Sa malade, une 
jeune fille de 1 î ans, à la suite d’une éruption furonculeuse, 
avait été atteinte d’un abcès du sein. Le pus, examiné, con- 
tenait du staphylococcus pyogenes aureus. Comme il n’y 
avait eu ni traumatismes, ni manœuvres sur le mamelon, 
l’auteur pensai que les microorganismes pathogènes avaient 
été apportés par la voie sanguine et avaient ainsi infecté la 
glande par la profondeur. 

Morestin publie dans « le Bulletin de la Société anatomique 



22 — 



de Paris, décembre 1900 », une observation fort intéressante 
d’un abcès du sein survenu chez une jeune fille de seize ans 
qui ne présentait ni excoriation, ni fissure au mamelon. 
L’infection, dans ce cas, semble être venue par la voie san- 
guine; la malade ayant eu quelque temps auparavant la scar- 
latine. 

Cette observation est fort intéressante et fort bien discu- 
tée. Nous la publions ci-dessous : 



Observation 

Publiée dans les Bulletins el Mémoires de la Société Anatomique de Paris, 
(Décembre 1900, par H. Morestin). 

Volumineux abcès torpide du sein chez une jeune fille de seize ans. 



11 s’agit d’une fille de seize ans, Joséphine L..., entrée le 
15 août 1900 à l’hôpital Saint-Louis, dans le service de 
M. Richelot, isolement n° 6. Le sein gauche est d’un volume 
énorme. 11 est tendu, globuleux, et sept à huit fois gros 
comme son congénère, pourtant assez développé. 

Une bosselure grande comme une pièce de cinq francs 
soulève les téguments dans le voisinage du mamelon, à son- 
côté interne. La peau au niveau de cette saillie offre une 
coloration légèrement rosée, alors que partout ailleurs elle 
a conservé l’apparence normale, à cela près que les veines 
superficielles sont un peu plus visibles. Le mamelon est 
presque complètement effacé et comme rentré. De l’autre 
côté, il est d’ailleurs peu saillant. L’aréole parait plus nette- 
ment sur le sein malade, d’après la photographie, la pig- 
mentation semble, en effet, plus accusée à gauche, mais la 
différence est minime. 

La fluctuation est évidente à la plus simple palpation, 
une fluctuation des plus franches, comme on en observe 



— 23 — 

rarement. Le sein est sans aucun doute transformé en une 
poche à parois peu épaisses, distendues par du liquide, par 
du pus, comme l’indique la teinte rosée subinflammatoire. 

Cette exploration est indolente, la malade se laisse exa- 
miner le plus docilement du monde, les pressions, la palpa- 
tion ne lui procurent aucune souffrance. 

La douleur spontanée est d’ailleurs nulle; la malade est 
inquiète des proportions prises par son sein, un peu gênée 
aussi par son volume autant que par son poids, mais elle ne 
souffre point. 

Cette vaste collection s’est produite avec une lenteur rela- 
tive ; car il y a à peu près six semaines que l’on a constaté 
le début apparent du mal. L’attention a été attirée du côté 
du sein par la circonstance suivante : 

Se penchant à la fenêtre, Joséphine L. .., se serait heurté 
le sein contre la barre d’appui. Ce n’est pas là un oien gros 
traumatisme. 11 ne laissa aucune trace apparente; la jeune 
tille s’assura sur l’heure qu’il n’y avait ni éraflure, ni tumé- 
faction, ni changement de couleur. 

Deux jours se passèrent, elle eut encore la curiosité de 
regarder s’il n’y avait rien d’anormal, et, palpant avec plus 
de soin peut-être que la première fois, découvrit au côté 
interne du sein « quelque chose de dur, une sorte de boule.» 
Il n’y avait point de douleur à la pression. Un médecin fut 
pourtant consulté. Il conseilla de laver avec de l’eau boriquée 
la partie malade et de la couvrir de compresses imbibées du 
même liquide. 

Depuis, la tumeur n’a pas cessé de grossir jusqu’à prendre 
les proportions actuelles, ne déterminant que des sensations 
vaguement pénibles, mais pas de douleurs. 

Faut-il admettre qu’un traumatisme aussi insignifiant ait 
été le point de départ des accidents actuels? 

Certains abcès sont très certainement imputables au trau- 



24 

matisme. Peut-être les observe-t-on surtout chez les fem- 
mes dont la mamelle est déjà infectée depuis longtemps, la 
contusion réveillerait l’inflammation ancienne ou latente. 
Ici le choc a été bien peu important, mais, n’ayant pas 
observé la malade en ce moment, il est impossible de rejeter 
complètement son dire. Dans tous les cas, une contusion, 
même légère, peut contribuer, soif à exagérer un processus 
déjà en voie d’évolution, soit à localiser une infection. Peut- 
être chez cette enfant en était-il ainsi, car un autre facteur 
étiologique nous paraît avoir quelque intérêt. La malade 
avait eu peu de temps auparavant une scarlatine sérieuse 
suivie de desquamation considérable. 

Elle en était guérie depuis deux mois seulement, quand 
débutèrent les accidents actuels. Or, au déclin des fièvres 
éruptives, on voit survenir chez certains malades des sup- 
purations, qui peuvent se développer un peu partout. 

Chez cette enfant, de santé médiocre, les infections parais- 
sent trouver un terrain favorable. 

Ainsi, elle a eu l’année précédente un abcès de l’aisselle 
gauche, du même côté que le sein actuellement malade. 
C’était un très gros abcès, nous dit-elle, mais il y a là, sans 
doute, une part d’exagération, d’ailleurs bien excusable, 
car la collection s’est ouverte et a guéri spontanément en 
quelques jours, sans laisser de traces visibles. Elle a eu 
aussi, étant plus jeune, des glandes sous la mâchoire et le 
long du cou. D’autre part, elle s’enrhume facilement chaque 
hiver, et ne se porte bien qu’à condition de vivre à la cam- 
pagne. De fait, elle habite presque toute l’année dans un 
village de la Marne. Ces derniers commémoratifs rappro- 
chés de l’indolence et de la marche subaiguë, lente même 
de la maladie, font envisager la possibilité d’une lésion 
bacillaire, bien que dans les accidents actuels il n’y ait rien 



25 — 



qui rappelle exactement les formes ordinaires de la tuber- 
culose du sein. 

Avant d’ailleurs de rien conclure, il était bien nécessaire 
d’éliminer la possibilité d’un abcès subaigu puerpéral. Cette 
pensée était d’ailleurs la première qui vint à l’esprit. A 
défaut d’un accouchement avoué, il pouvait y avoir un 
avortement spontané ou provoqué. Mais l'autre sein ne pré- 
sentait d’ailleurs aucun vestige de lactation. D’autre part, la 
mère n’avait pas quitté sa (ille depuis plusieurs mois, et se 
rappelait de la façon la plus nette lé moment des époques 
menstruelles; il n’y avait jamais eu un retard d’un seul 
jour. D’ailleurs, une foule de bons renseignements éloignaient 
tout soupçon à l’endroit de la jeune malade. 

A défaut de grossesse, la puberté suffit à amener des 
poussées vers les seins. Mais nous étions déjà loin de celte 
transformation, qui s’était effectuée à treize ans, et depuis 
ce moment, les règles revenaient avec une ponctualité rigou- 
reuse. 

Nous étions donc ramenés à l’idée d’une suppuration tor- 
pide plus ou moins directement liée à la convalescence de 
la scarlatine. Mais on ne retrouvait aucune porte d’entrée 
actuelle, aucun vestige de furoncle récent, aucune trace de 
plaie artificielle plus ou moins infectée. 

Le 20 août, je lis une incision sur la peau amincie au 
niveau de la bosselure saillante. La poche se vida, le pus 
jaune verdâtre remplit un bassin ; la quantité n’a pas été 
mesurée, mais nous lavons évaluée à plus d’un litre Une 
contre-ouverture fut faite à la partie postérieure et externe 
de cette cavité spacieuse. Le pus s’était accumulé, comme 
d’ailleurs nous l’avions admis d'avance, d’après la forme et 
l’abondance de la collection, le pus s’était accumulé princi- 
palement sous la mamelle, amincie et repoussée en avant, 
rendue méconnaissable. 



26 — 



La glande était largement creusée, détruite même, selon 
toute vraisemblance, dans une certaine étendue, au niveau 
du point où nous avions noté la présence d’une grosse bosse- 
lure et pratiqué l’incision antérieure. 

Ce léger relief répondait à la poche antérieure d’un bissac 
dont la loge postérieure était relativement énorme. 

Quel avait été le siège primitif? Sous la glande ou_ dans 
l’épaisseur de la glande? 

L’hypothèse d’une suppuration extraglandulaire est vrai- 
semblable. C’est pourtant une marche anormale que de voir 
le pus traverser la glande en son point le plus épais, alors 
qu’il eût trouvé une issue facile à 1a. partie déclive. Il est 
vrai qu’il a pu cheminer dans l’épaisseur d’une cloison cel- 
lulo-adipeuse. 

Je remarquerai cependant que, dans un cas de suppura- 
tion d’origine puerpérale, en présence d’une disposition 
analogue à celle-ci, on n’eut pas hésité à admettre le siège 
primitivement glandulaire. On ne saurait donc ici repousser 
cette interprétation. 

La guérison parfaite suivit rapidement l’ouverture et le 
drainage de ce vaste abcès. 

Le 5 septembre, J. L..., quitte l’hôpital Saint-Louis et 
revint seulement pour quelques petits pansements termi- 
naux. Les plaies furent complètement cicatrisées vers le 
milieu de septembre et la malade put aller dans la Marne 
achever de se remettre. Elle m’a écrit pour me donner de 
ses nouvelles, sa santé devenant chaque jour meilleure. 

Je l’ai revue récemment. Elle a bonne mine, elle a 
engraissé, l’état général est très satisfaisant. Quant au sein, 
qui a été le siège de cette suppuration considérable, il 
est resté très bien guéri. 11 est légèrement moins gros que 
l’autre, mais il est souple dans toutes ses parties et indolent 
à la pression . 



— 27 



Le mamelon est très rétracté, et certainement, s’il sur- 
vient plus tard une grossesse, l allaitemenl offrira quelque 
difficulté. 

L’aisselle, dont l’exploration lors de la maladie était res- 
tée négative, n’offre encore maintenant rien d anormal. En 
somme, toute une série de preuves cliniques établissant déjà 
qu’il s’agissait d’une suppuration simple, évoluant dans le 
mode subaigu. 

Les quelques recherches qui ont été faites au laboratoire 
de Saint-Louis par M. Gaston confirment cette opinion, car 
dans le pus on n’a trouvé que des staphylocoques. 

La recherche des bacilles est restée infructueuse. D’autre 
part, deux cobayes ont été inoculés sous la peau de l’abdo- 
men avec du pus de 1 abcès. Ces deux animaux ont eu, l’un 
et l’autre, un abcès pariétal qui s’est ouvert et cicatrisé spon- 
tanément. Sacrifiés après deux mois et demi et trois mois, 
ils ne présentaient absolument aucun vestige de tuberculose. 

A cette observation vient s’ajouter celle de M. le professeur 
agrégé de Rouville, qui a été le point de départ de notre 
thèse. En lisant cette observation, on verra que l’on ne peut 
s’expliquer l’origine de cet abcès qu’en admettant une infec- 
tion parla voie sanguine. 

11 en est de même des deux autres cas observés, l'un par 
M. le professeur agrégé Braquehaye et l’autre par M. le doc- 
teur Arribat. 

La mamelle, subissant un travail physiologique intense 
durant la grossesse, semble être un milieu de culture pour 
les microbes qui sont charriés par le sang. 



CHAPITRE IV 



Symptomatologie 

La symptomatologie des abcès du sein pendant la gros- 
sesse ne diffère pas beaucoup de celle que l’on rencontre 
dans les mastites survenues au cours de la lactation. 

L’afTection débute un peu d’une manière presque insi- 
dieuse, le plus souvent on a depuis quelques jours un engor- 
gement dusein, qui peu à peu devient douloureux. Quelques 
frissons au début ainsi qu’un malaise général. 

La peau est lisse et sillonnée de quelques veines bleuâtres, 
le sein un peu immobilisé semble collé sur le thorax. 

A la palpation, on relève l’existence de bosselures et de 
certains noyaux indurés, entourés d’un empâtement diffus. 
La peau devient rouge, la température s’élève. Le moindre 
contact, le plus petit mouvement, sont douloureux pour la 
malade. Lorsque l’abcès glandulaire est en constitution, la 
résolution devient fort rare. Comme dans les abcès de la 
lactation, on voit ici survenir la multiplicité des foyers 
inflammatoires. L’affection se prolonge parfois longtemps, 
après une première poussée on en voit survenir une a-utre, et 
d’autres enfin lui succèdent â des intervalles plus ou moins 
éloignés. 

Souvent, malgré l’incision, on voit la suppuration se pro- 
longer jusqu’au moment de l’accouchement. Dans les obser- 
vations de Velpeau on voit deux cas de suppuration rebelle 



29 — 



se terminer très rapidement avec la fin de la grossesse. 
Jamais ces suppurations n’ont interrompu le cours de la 
grossesse. 

La longue durée de ces abcès est bien évitée depuis l’ère 
de l’antisepsie. 

Ici aussi, les abcès peuvent être sous cutanés, sous- 
mammaires ou en bouton de chemise. 

Par l’ouverture de l’abcès s’échappe une quantité souvent 
plus considérable qu’on ne le croyait, d’un pus franchement 
phlegmoneux. Si l’abcès est peu profond, la cicatrisa- 
tion s’effectue rapidement, tandis que, lorsque l’abcès est 
situé profondément, lorsqu'il est devenu sinueux, anfrac- 
tueux parla réunion de plusieurs abcès primitivement isolés, 
qui ont fini par communiquer les uns avec les autres, il 
arrive que sa cavité se vide mal, que le trajet s’indure et 
devient fistuleux ; on a alors une fistule mammaire. 



CHAPITRE Y 



Traitement 

Nous divisons l’étude du traitement des abcès du sein 
pendant la grossesse en trois parties. 

1° Traitement prophylactique ; 2° traitement abortif ; 

3° traitement curatif. 

A. Traitement prophylactique. — Pendant la grossesse, en 
maintenant sur le sein un pansement antiseptique non irri- 
tant et en faisant fréquemment des lavages répétés de la 
région, nous pouvons empêcher l’apport des staphylocoques 
du dehors. 11 est presque certain que cette pratique ne sera 
pas suivie par les femmes enceintes, et que la plupart d’entre 
elles, pour ne pas dire toutes, trouveront ces soins à la fois 
inutiles et fastidieux, Si donc on ne peut pas obtenir des 
femmes enceintes ces soins pendant toute la durée de leur 
grossesse, il faut néanmoins leur recommander, surtout vers 
la fin delà grossesse, de tenir leurs bouts de sein dans un état 
de parfaite propreté au moyen de lavages à l’eau boriquée ou 
même au sublimé à 0,40/1000 ainsi que le recommande 
Tarnier. S’il y a la moindre ulcération, on doit faire suivre 
ces lavages d’un pansement occlusif. 11 faudra en outre soigner 
l’eczéma du mamelon et traiter énergiquement la gale quand 
on l’aura diagnostiquée 



— 31 



B. Traitement abortif. — L’inflammation des lymphati- 
ques ou des conduits galactophores peut quelquefois être 
maîtrisée. Selon Varnier, le meilleur moyen consisterait à 
mettre le sein malade au repos absolu, à le recouvrir d’un 
pansement borique et à l’immobiliser avec le bandage 
ouaté compressif de Gosselin. Souvent, après avoir laissé 
ce bandage quarante-huit heures en place, tout rentre dans 
l’ordre. 

Dans le cas où ce traitement n’aurait pas donné de résul- 
tats, on pourrait conseiller la pratique suivante du profes- 
seur Budin. 

« Le pouce et l’index sont appliqués sur le sein, à une 
certaine distance cl u mamelon, près de la circonférence de 
l’aréole. On appuie d’abord d’avant en arrière, de la surface 
vers les parties profondes; puis, tout en continuant à pres- 
ser, on rapproche les doigts jusqu’à la base du mamelon, et 
ce dernier est lui-même comprimé d’arrière en avant; un 
mélange de pus et de lait s’écoule au dehors, mais il faut, 
pour obtenir ce résultat, que la totalité du pus soit évacuée. 
On lave ensuite le mamelon à l’eau boriquée et l’on appli- 
que sur le sein relevé un bandage compressif ». Ce traite- 
ment devra être continué pendant deux ou trois jours envi- 
ron. 

C. Traitement curatif. — Une fois que la collection puru- 
lente est constituée et que le traitement abortif aura 
échoué, il ne reste plus alors qu’un seul traitement : c’est 
l'incision. 

Cette petite opération ne gênera en rien le cours de la 
grossesse, et débarrassera vite la malade de son affection. 

Ce n’est pas aujourd’hui, où l’on enlève des fibromes et 
des kystes de l’ovaire à des femmes enceintes, sans avoir à 
noter aucun danger du côté de Dévolution normale de la 



/ 



— 3a - 

grossesse, que l’on devrait s’attarder pour démontrer l’ino- 
cuité de cette petite opération. 

L’incision devra être large, si l’on veut obtenir une guéri- 
son rapide, car, ainsique le disentForgue et Reclus, le dan- 
ger n’est point d’ouvrir mais de n’ouvrir point assez. 

Les abcès de la glande elle-même, le plus souvent multilo- 
culaires et cloisonnés, nécessitent un traitement spécial. Une 
large incision au point le plus déclive, une contre-ouverture 
diamétrale, une anse de drain transcurrente, assurent l’éva- 
cuation intégrale et continue de ces abcès parenchymateux, 
ainsi que disent Forgue et Reclus dans leur traité. Velpeau 
n’a-t-il pas vu jusqu’à trente, quarante et cinquante abcès 
loculaires sur une mamelle. 

En J 893, un chirurgien américain Weher a conseillé la 
technique suivante. « On pratique autant d’incisions radiées 
qu’il y a d’ahcès, et quand le ou les foyers sont largement 
ouverts on enlève à la curette tranchante tous les tissus 
nécrosés. On bourre ensuite toutes les cavités de lanières de 
gaze stérilisée. Le second pansement est refait au bout de 
trente-six heures, le troisième vingt-quatre heures après. 
Les lanières sont alors supprimées et l’on panse à plat, en 
avant soin de maintenir le sein relevé. — La guérison est 
complète au bout de huit à dix jours». 

D’après Weber, les abcès du sein ainsi traités ne s’accom- 
pagneraient d’aucune indication et ne laisseraient d’autres 
traces que les cicatrices cutanées. 

Nous recommandons aussi le manuel opératoire qui a 
été donné par Macmakude Sheil (Société de médecine de 
London 27 avril 1896). Dès que la fluctuation est manifeste, 
Macmakude pratique près du mamelon une incision stric- 
tement suffisante pour y introduire l’index, qui est insinué 
de plus en plus profondément jusqu’à ce qu’il se produise 
un écoulement abondant de pus. On pénètre ainsi, avec le 



— 33 - 



doigt, dans la partie la plus déclive de l'abcès, située géné- 
ralement près de la peau, au point de réunion de la glande 
avec la paroi thoracique. A ce niveau, le sein étant soulevé 
par un aide, on fait une autre incision assez étendue pour 
que le pus puisse s’écouler librement. L’indexest introduit a 
nouveau par cette seconde incision ; il constate souvent des 
brides multiples qui divisent le foyer purulent en plusieurs 
clapiers. 

Un suture l’incision supérieure au crin de Florence et on 
la recouvre d’une couche de collodion , puis on place un 
gros drain dans la solution de continuité inférieure. 

L’incision supérieure guérit rapidement en ne laissant 
après elle qu’une cicatrice à peine visible ; la cicatrice infé- 
rieure est dissimulée en totalité ou en partie dans le sillon 
l h o ra eo-mam mai re . 

bette manière d’opérer a surtout pour avantage d’éviter 
les (ist ulettes, assez fréquentes à la suite des abcès du sein ; 
mais, ainsi que le dit Ribemont-Dessaignes, dans son « Pré- 
cis d’obstétrique», il n’est généralement pas utile d’intro- 
duire un doigt dans la plaie pour l’explorer; une sonde can- 
nelée remplit le même oftîce avec avantage. 



3 * 



OBSERVATIONS 



Première Observation 

De M. le Professeur-agrégé De Rouville, publiée dans le Montpellier Médical 

du 23 février 1902. 

M, G. . . , superbe bile de 20 ans, est enceinte de 5 mois : 
sans antécédents Héréditaires dignes d’attirer l'attention, 
elle a toujours joui d’une santé parfaite. 11 y a quinze jours, 
elle a commencé, sans cause apparente, à souffrir du sein 
gauche. C’est d’abord une sensation de pesanteur à laquelle 
succèdent rapidement des douleurs vives, lancinantes, 
empêchant tout sommeil ; frissons, fièvre. . A l’examen, le 
sein droit est normal, bien conformé, un peu tendu, siège 
d’un certain degré de congestion toute physiologique ; le 
mamelon est saillant ; le sein gauche est beaucoup plus gros 
que le droit, globuleux, très tendu : les veines sous-cutanées 
sont nettement apparentes ; le mamelon est un peu rétracté 
et comme étalé à sa base, on n’y découvre aucune excoria- 
tion ; dans le quadrant inféro-interne du sein existe une 
voussure considérable, au niveau de laquelle la peau est 
rouge ; la palpation de cette région est extrêmement doulou- 
reuse; il y a de la fluctuation superficielle ; partout ailleurs, 
la douleur à la pression est moindre, la peau a conservé son 
aspect normal ; mais il existe une tluctuation profonde non 
douteuse dans le quadrant supéro externe du sein. Rien 
dans l’aisselle. 



— 35 — 



Incision de l’abcès inféro-interne ; il sort du pus en abon- 
dance; incision du quadrant supéro-externe donnant issue à 
un tlot de pus ; drainage transmammaire. Guérison rapide. 

Observation II 

De M. le Docteur Arribat, publiée dans le Montpellier Médical du G avril 1902. 

Marie B ., 34 ans, ménagère, a eu deux enfants bien por- 
tants, qu’elle a allaités sans incident: le plus jeu» est âgé 
de 8 ans. Cette femme est bien constituée et robuste. Pas 
d’antécédents personnels ni héréditaires. 

Vers le 20 octobre 1900, pendant qu’elle travaille dans les 
champs, elle commence à ressentir dans le sein droit une 
douleur assez vive, qui lui rend le travail difficile . Peu de 
jours api'ès, elle a des frissons, l’appélit diminue, et elle ne 
peut guère dormir. 

Le 3 novembre, le sein ayant grossi et la douleur augmen- 
tant continuellement, elle se décide à venir me consulter. 
Elle a de la fièvre (38°). Le sein gauche est fiasque et abso- 
lument indolore. Le sein droit notablement augmenté de 
volume ; la peau est rouge et luisante. La pression est dou- 
loureuse. Je constate dans toute la moitié inféro externe 
une induration considérable, très profonde, mais je ne 
perçois pas de fluctuation, et il n’y a pas d’engorgement du 
côté des ganglions de l’aisselle. Je diagnostique un abcès en 
formation, bien que le mamelon ne présente aucune exco- 
riation ayant pu servir de voie de pénétration, et je conseille 
des onctions d’onguent mercuriel belladoné. 

Je revois la femme le 18 novembre seulement, c’est-à-dire 
15 jours après ma première visite et près d’un mois après 
le début de la maladie. A ce moment, la douleur est deve- 
nue tout à fait continue et de plus en plus violente. La 
malade a beaucoup de fièvre; elle ne mange ni ne dort. 



— 36 — 



Le sein est très volumineux et la peau est rouge violacé. 
L’empâtement a envahi la totalité de la glande mammaire. 
La fluctuation, très nette, révèle la présence d’une collection 
purulente siégeant assez profondément dans la moitié 
externe de l’organe. 

Je fais une incision unique à 1a, partie la plus déclive de 
la tuméfaction et en dehors jusqu’à une profondeur de deux 
centimètres environ. Il sort une quantité considérable de 
pus. Je place un drain et je fais passer dans la poche un 
litre d’une solution antiseptique chaude. Les jours suivants, 
nouveaux lavages à l’eau phéniquée. 

Le 28, par conséquent 10 jours après l incision et près de 
40 jours après le début, la plaie s’est fermée et la guérison 
est à peu près complète. Il persiste seulement une certaine 
induration de la région, qui se résorbe complètement au 
bout d’un certain temps. Cependant, dans la suite et jusqu’à 
l’époque actuelle, cette induration se reforme à certaines 
époques et disparaît spontanément. 

Voilà donc un abcès mammaire qui s'est produit en dehors 
de toute grossesse et alors que la jeune femme n’a pas allaité 
depuis de nombreuses années. Elle n’avait subi aucun trau- 
matisme sur le sein et elle ne présentait pas la moindre 
excoriation du mamelon. De plus, je n’ai constaté chez elle 
aucune infection de quelque nature en aucune autre région 
ou organe. Comme les autres observations présentées ou 
relatées par M.de Rouville, il semble que l’infection, origine 
de l’abcès, a dû se faire par la voie sanguine. 

Je dois ajouter que j’eus toutes les peines du monde à 
rassurer la jeune femme et son entourage, qui croyaient à 
un cancer. 

Ils jugeaint impossible qu’un abcès du sein put ainsi sur- 
venir en dehors de l’allaitement. 



— 37 — 



Observation 111 

Publiée par M. le D 1 ' Braquehaye, professeur agrégé, daus le Bulletin de L'hôpital 
civil français de Tunis, du 25 juin 1901. 

Mastite suppurée du sein droit survenue au huitième mois de la grossesse. — 
Incision. — Guérison. 

Mme P..., âgée de 26 ans, entre à l’hôpital civil français 
le 29 mai, pour un abcès du sein droit. 

C’est il y a 10 jours que la région mammaire a commencé 
à devenir douloureuse au point d’empêcher tout sommeil. 
A son entrée à l’hôpital, la malade est enceinte de huit mois 
environ, d’après son interrogatoire et d’après les signes que 
nous constatons à l’examen de son utérus 

Le sein est volumineux, rouge et tendu. 11 existe un abcès 
manifeste avec fluctuation nette au-dessus du mamelon. En 
examinant l’aréole, on ne voit aucune écorchure, et la 
malade nous assure n’en avoir jamais eu et n’avoir jamais 
senti de démangeaisons en ce point. Elle n’a pas reçu de 
coup. Elle assure seulement avoir éprouvé une sensation de 
plénitude dans les seins due à la congestion toute physiolo- 
gique causée par son état de grossesse. 

L’abcès est incisé au sommet de la tuméfaction. 

11 est d’ailleurs à fleur de peau et l'ouverture se fait faci- 
lement, sans anesthésie. 

Il sort environ un verre de pus de bonne nature. 

'Drainage. Pansement humide. 

Les suites sont bonnes. La cavité de l’abcès se com- 
ble très vite et le malade peut quitter l’hôpital le 10 juin 
presque guérie. Il n’existe qu’une petite plaie superficielle, 
pour laquelle Mme P... continue avenir se faire panser. 

On sent que la glande est dure et tuméfiée, un peu sen- 



— 38 — 



sible, ce qui est dû à l’état de grossesse avancée de la malade, 
car il n’y a ni douleur, ni fièvre, et la glande du côté opposé 
est à peu près dans le même état. 

Observation IV 

Due à l’obligeance de M. le D r Cvlamida, de Tunis. 

Mastite supputée survenue au huitième mois d’une grossesse. — Incision. — ■ 

Guérison. 

Mme N. N..' , native de Philippe ville , mariée, deux enfants, 
me consulta le 26 août 1902 pour des douleurs qu’elle éprou- 
vait au sein gauche. Elle était alors au huitième mois de sa 
grossesse et présentait : 1° de légères métrorrhagies surve- 
nues à la suite d’une chute faite un mois auparavant en 
montant dans un train déjà en marche ; 2° une éruption 
furoncu.leuse au sein et à la face. 

A l’examen, nous trouvons le sein gauche tuméfié, rouge, 
douloureux à la palpation et présentant de la fluctuation 
nette. Incision en ce point. Issue de pus. Pansement à la gaze 
stérilisée. 11 .en résulte une cavité qui botmgeonna bien et se 
ferma au bout de 15 jours. 

Je dois rappeler que les abondantes métrorrhagies ont 
nécessité un accouchement prématuré provoqué. 

La malade avait attribué son abcès à un coup qu’elle avait 
reçu le jour qu’elle tomba du train, 

Observation V. 

(Extraite des Cliniques de Velceau) 

Abcès multiples du sein droit pendant la grossesse chez une primipare. 

Mort. — Autopsie. 

Le 22 novembre 1837, est entrée à l’hôpital de la Charité 
(Salle Sainte-Catherine N° 5) la nommée Athalie C. .., âgée 
de 19 ans, 



— 39 — 



Cette jeune femme, d’une constitution un peu lymphati- 
que, a toujours joui, jusqu’à ces derniers temps, d’une santé 
parfaite. Réglée à 1 âge de 15 ans, elle n’a cessé de l’être 
que depuis environ huit mois, époque oii elle est devenue 
enceinte. Les six premiers mois de sa grossesse n’ont exercé 
aucune influence sur sa santé ; au dire même de la malade, 
son embonpoint aurait augmenté pendant ce temps, malgré 
les soucis que lui causait son état. Il ne devait plus en être 
ainsi A cette époque, (die aperçut sur son sein droit une 
tumeur un peu douloureuse. Ne pouvant en reconnaître la. 
cause, elle l’attribua d’abord à sa grossesse; mais, voyant 
ensuite que le sein du côté opposé avait un volume moins 
considérable et que les douleurs augmentaient chaque jour, 
elle entra à l’hôpital vers la lin du mois d’août 1837. 

L’étal général de la malade était alors très satisfaisant; ses 
chairs étaient fermes et colorées; elle se disait enceinte de 
six mois. Le sein gauche était à l’état normal, mais, à la 
partie inférieure et externe du sein droit, on observait une 
tumeur du volume d’un œuf de poule, avec rougeur et amin- 
cissement de la peau et douleurs assez vives à la pression. 
La fluctuation était évidente. A ces signes, à la situation et à 
la forme bosselée que présentait cette tumeur, M. Velpeau 
reconnut un abcès de la glande mammaire. Une incision est 
immédiatement pratiquée ; elle donne issue à une assez 
grande quantité de [tus. En pressant le sein en divers sens, 
on voit ([ne plusieurs dovers communiquant entre eux exis- 
tent dans la glande; il est dès lors prévu que la maladie 
sera longue et que, peut-être entretenue par l’état de gros- 
sesse, elle se prolongera jusqu’à l'accouchement. Une mèche 
de charpie est introduite entre les lèvres de la plaie, et le 
sein est couvert d’un cataplasme de farine de lin. 

Les jours suivants, deux autres petits abcès se développent 



— 40 



autour du foyer principal. Ils sont ouverts aussitôt et on les 
panse de la même manière . 

Après vingt jours de traitement, la maladie semblait mar- 
cher vers la guérison, lorsque C... fut obligée de sortir de 
l’hôpital pour quelques joürs. 

Elle ne rentra que le 10 octobre. La maladie était devenue 
sérieuse. Le foyer s’était enflammé ; de nouveaux abcès 
s’étaient formés sur d’autres régions du sein; la mamelle, 
en un mot, avait été envahie presque en totalité par la 
maladie. Trente sangsues; cataplasmes émollients. 

Le 17. — L’inflammation a diminué considérablement; 
la suppuration est moins abondante. M. Velpeau fait appli- 
quer une compression modérée que l’on continue jusqu’au 
4 novembre. La malade était alors dans un état assez satis- 
faisant ; le volume du sein avait considérablement diminué. 
La suppuration s’affaiblissait de jour en jour et tout portait 
à penser que C... était à l’abri de tout accident sérieux à ce 
sujet, lorsqu’elle voulut sortir de nouveau de l’hôpital, pro- 
mettant d’ailleurs de rentrer s’il survenait de nouveaux 
accidents et se proposant du reste de suivre un régime chez 
elle. 

Le 22 novembre, elle rentra; mais alors la scène avait 
changé ; la maladie avait revêtu un caractère de gravité ; 
l’inflammation était à son summum d’intensité ; la suppura- 
tion était très abondante , la malade était faible et en proie 
à une toux fréquente. Trente sangsues sur la partie enflam- 
mée ; cataplasmes de farine de lin. 

Les jours suivants, ces symptômes augmentent et inspi- 
rent des craintes. Le ventre est libre ; le 2 7, la malade se 
sent plus faible ; elle est pâle, comme bouffie. Le pouls 
devient petit, mais sans fréquence ; les extrémités anté-, 
rieures et intérieures s’infiltrent. 

Les jours suivants, l’infiltration devient générale ; les 



— 41 



membres ont presque doublé de volume. A la visite du 
8 décembre, la malade se plaint de violentes coliques qu’elle 
éprouve de temps à autre depuis cinq heures du matin ; elle 
prétend même avoir eu une perte par le vagin. 

M. Velpeau pratique le toucher, constate que le col est 
complètement effacé et annonce que l’accouchement §e ter- 
minera bientôt A trois heures de l’après-midi, la malade 
fut délivrée avec un peu de difficulté, sans accidents néan- 
moins pour elle et pour l’enfant 

Le 9. — L’état général offre de vives inquiétudes ; la nuit 
s'est passée sans sommeil: peu chaude, pouls petit et fréquent, 
langue limoneuse ; 1 infiltration a persisté au même degré ; 
il y a un peu de désordre dans les idées. 

Le 10. — Les accidents généraux: ont redoublé d’inten- 
sité. La malade est immédiatement transportée dans le ser- 
vice de M. Rayer et succombe le 1 1 décembre h 5 heures du 
soir. 

Autopsie quarante heures après la mort. — La matrice ne 
présente aucune trace d’inflammation ; elle est revenue 
sur elle-même et est logée presque en entier dans le petit 
bassin. 

Les reins ne présentent aucune altération. Un peu de 
sérosité blanchâtre est contenue dans la cavité du péritoine, 
mais celte membrane n’offre aucune trace d’inflammation. 
Tous les autres organes sont à l’état normal. 

A la partie inférieure des parois abdominales, on constate 
un phlegmon très étendu qui n’était point encore arrivé à la 
période de suppuration. 

Le sein malade, examiné avec soin, a confirmé de tous 
points l’opinion que M. Velpeau avaitémise sur le siège précis 
de l’abcès. Toute l'épaisseur de la glande est parcourue par 
des trajets plus ou moins étendus qui font communiquer 



— 42 — 



douze ou quinze petits foyers, dont les deux principaux 
s’ouvrent à l’extérieur par une ouverture peu considérable. 



Observation VI 

Extraite des Cliniques de Velpeau 



En décembre 1836, une jeune femme de 23 ans,, mariée 
depuis quatre ans, lut adressée à M. Velpeau par un praticien 
de la ville. Elle avait eu deux enfants qu’elle avait nourris 
sans en éprouver le moindre dérangement 

Elle était de nouveau enceinte de trois mois. 

Le 5 décembre, sans cause appréciable, elle éprouva dans 
le sein gauche une douleur, vague d'abord, mais qui acquit 
un certain degré d’intensité. Dès le lendemain, son sein 
devint rouge et acquit un développement anormal. Elle se 
borna à appliquer chez elle des cataplasmes émollients : 
mais, voyant que sa maladie faisait chaque jour des progrès, 
elle se décida à entrer à l’hôpital. Le sein présente alors une 
rougeur intense qui disparaît sous la pression. Nous obser- 
vons un gonflement énorme de toute la région mammaire, à 
l’exception du mamelon et de son aréole, qui semblent 
déprimés et forment au milieu de la tumeur une cavité de 
près d’un pouce de profondeur. Ce caractère me suffit pour 
diagnostiquer que l’inflammation était superficielle et que la 
glande et les tissus sous-mammaires n’y prenaient aucune 
part. Il en était réellement ainsi, quelques jours après, la 
tumeur s’abcéda; deux incisions, longues et peu profondes, 
suffirent pour opérer le dégorgement, et après deux semai- 
nes de traitement la malade sortit de l’hôpital parfaitement 
guérie. 



— 43 



ü 

Observation Vil 

Oubliée dans les « Maladies du sein » Velpeau 



Pauline, 20 ails, domestique, entrée à la clinique le 1 4 avril 
1835, s’est heurté le sein droit contre un morceau de bois, 
il y a vingt-quatre jours. La douleur, d’abord légère et 
momentanée, se raviva trois oii quatre jours après; la malade; 
en y portant la main, reconnut un peu de dureté à la partie 
inférieure et interne de la mamelle, qui n’était d’ailleurs 
encore ni rouge ni gonflée. Aucun traitement ne fut employé 
pendant huit jours; le mal continuant, la jeune femme crut 
devoir essayer un élixir dont elle ne peut indiquer le nom. 
Aujourd’hui, toute la moitié inférieure du sein est notable- 
ment gonflée, douloureuse. Empâtement en dehors de la 
partie rouge, élancements fréquents; aucune apparence de 
fluctuation. Les mamelles sont plus développées que dans 
l’état normal; la femme est enceinte de sept mois (25 sang- 
sues, cataplasmes). Le 20 avril, la tumeur est ramollie, 
fluctuante, on l’incise à 5 centim. au-dessous du mamelon; 
il en sort beaucoup de pus épais, bien lié. 

23. Le sein a repris une partie de sa souplesse. 

28. L’inflammation se ranime, la peau rougit de nou- 
veau, s’amincit ; les bords de l’incision sont durs et engor- 
gés. On ne peut attribuer ce nouvel orage qu’à une fausse 
position de la femme, qui s’est tenue un jour et une nuit 
couchée sur le côté malade. 

20. Le sein est gonflé, tendu ; la suppuration semble tarie 
(saignée du bras, topiques émollients). 

30. Le sang, tiré la veille, est couenneux, tous les acci- 
dents sont amoindris; la suppuration a repris de l’abon- 
dance, un nouvel abcès s’établit. 



5 mai. Le nouvel abcès, placé en dedans du sein, semble 
diminuer, et le tout paraît vouloir se réduire à un petit foyer 
superficiel situé à 2 centim. en dehors de la première inci- 
sion, qui ne communique point avec lui et qui continue de 
fournir beaucoup de pus. 

7. Le petit foyer externe s’est ouvert de lui même le 
matin ; le pus en est louable, assez abondant. Un abcès pareil 
se montre en dedans de la première ouverture sous forme 
d’une petite bosselure dont le sommet est fortement aminci. 

10. L’abcès interne s’est ouvert spontanément contre 
l’abcès externe. On sent un nouvel engorgement profond, 
circonscrit, qui s’établil à la partie interne et inférieure 
du sein . 

16. L’inflammation a évidemment gagné les brides cellulo- 
fibreuses interlobulaires delà mamelle, qui se présente alors 
toute bosselée, dure sur certains points, comme ramollie 
dans d’autres. Cependant, aucun abcès nouveau ne survient. 

24. Les deux petits abcès latéraux sont cicatrisés ; il ne 
reste plus que quelques bosselures à la partie inférieure et 
interne du sein. On leur oppose des onctions avec la pom- 
made d’iodure de plomb. 

2 juin. La première plaie est cicatrisée; le sein a repris 
sa souplesse. Il n’y a plus de douleurs et la malade sort de 
l’hôpital. 

Observation Vil] 

Maladies du seiu de Velpeau 

Une domestique âgée de 21 ans, bien constituée, est 
reçue à l’hôpital, le 18 septembre 1843 Enceinte de sept 
mois et demi, elle soutire de la mamelle depuis quelques 
jours sans savoir au juste depuis quand et sans pouvoir 
indiquer la cause de son mal. On observe à l’endroit sensi- 



— 45 — 



ble une tuméfaction avec rougeur mal circonscrite, qui est le 
siège d’une grande chaleur, de pulsations, d’une douleur 
sourde. Aucun soulèvement de la mamelle ne peut être cons- 
taté ; c’est en bas et en dehors que la tumeur existe ; la fluc- 
tuation y est évidente ; on en pratique immédiatement l’in- 
cision, et il en sort un pus de bonne nature. 

Charpie entre les lèvres de la plaie, cataplasme émollient. 

Le quatrième jour, une contre-ouverture, rendue nécessaire 
par la stagnation du pus au-dessous de la première incision, 
est pratiquée ; à partir de ce moment, le foyer se décharge 
rapidement ; dans les premiers jours d’octobre, un accou- 
chement prématuré a lieu sans accident. 

Les suites de couches n’offrent rien de remarquable, ne 
troublent en aucune façon la guérison de l’abcès du sein, 
de telle sorte que cette femme peut sortir de l’hôpital le 16 
du même mois. 



Observation IX 

(Thèse Pingat 1891) 

Abcès du sein gauche chez une femme enceinte de cinq mois 

La nommée Clémentine F.., âgée de 19 ans, entre le 9 avril 
1890, à l’hôpital delà Pitié, dans le service de M. le docteur 
Lancereaux . 

Elle se plaint de troubles dyspeptiques, de maux de tête 
et d’une vive douleur au niveau du sein gauche. 

La malade est placée au n° 10 de la salle Lorain. 

Un examen superficiel permet de constater que l’on a affaire 
à une femme peu soigneuse d’elle-même et qui oublie volon- 
tiers les soins de propreté. La région abdominale attire au 
premier abord l’attention. On constate la présence d’une 
tumeur molle qui remonte un peu au-dessous de l’ombilic, 



46 — 



clans laquelle on seul des parties fœtales et au niveau de 
laquelle l’auscultation permet d’entendre nettement des bat- 
tements précipités beaucoup plus rapides que ceux de la 
mère. 

Les règles, au dire de la malade, sont irrégulières ; elle ne 
sait quand elles ont apparu pour la dernière fois. 

Ln présence de ces signes et de ceux fournis par le tou- 
cher, malgré les vives dénégations de la femme, une gros- 
sesse est évidente. 

Les deux seins normalement développés sont le siège d’une 
circulation veineuse supplémentaire; les vésicules de Mont- 
gomery sont très apparentes. Des deux côtés, le mamelon 
est recouvert de croûtes noirâtres dues à du colostrum qui 
s’est écoulé et a séché sur place. Pas d’ulcérations bien net- 
tes ni de tissures. Du côté gauche à la région externe de la 
mamelle, on sent un vaste empâtement douloureux ; la peau 
de l’aréole est rouge, lisse, chaude et tendre ; un peu de 
fluctuation semble exister. 

La malade se plaint de mal digérer, d’avoir des insomnies, 
de l’anorexie, de la fièvre et de souffrir beaucoup du sein 
gauche. 

Repos et régime tonique. 

Le sein gauche est couvert de compresses d’eau de 
sureau. 

3 mai. — Le sein est de plus en plus douloureux ; la fluc- 
tuation est bien nette. Incision qui fait sortir deux cuillerées 
à bouche environ de pus bien lié. Drainage, pansement 
antiseptique. 

Les jours suivants, les pansements sont continués régu- 
lièrement. 

La malade, indocile, ne se laisse pas volontiers soigner. 

Elle reconnaît qu’elle est enceinte d’environ cinq mois, 
qu’elle le sait et qu’à son arrivée elle a voulu nous tromper. 



— 47 — 

20 mai. — La malade quitte le service; le sein gauche est 
encore douloureux et n’est point encore guéri. 



Observation X 

Thèse de Pingat 1891. 

Abcès des deux seins pendant la grossesse chez une femme atteinte d’un double 

eczéma. 

La nommée Apolline L..., âgée de 19 ans, couturière, se 
présente le 12 juin 1891, à la consultation de la clinique. 

C’est une femme brune, paraissant robuste et qui dit s’être 
toujours bien portée. 

Elle est accouchée, il y a vingt-cinq mois, d’un enfant 
vivant et bien constitué, qu’elle aallaité sans complications 
pendant sept mois. Quinze jours environ après le sevrage, 
elle a été atteinte d’un eczéma du sein, qui peu à peu s’est 
étendu, puis est resté stationnaire malgré un traitement 
(pommade à l’oxyde de zinc et enveloppement caoutchouté) 
ayant duré depuis novembre 1890 jusqu’en avril 1891 . Cette 
femme, qui recommence une nouvelle grossesse, a eu, pour 
la dernière fois, ses règles du 25 au 28 septembre 1890. 

En l’interrogeant, on apprend qu’au commencement de 
mai, c’est-à-dire au huitième mois de sa grossesse, elle 
a eu des douleurs dans le sein droit. Le sein, qu’elle ne soi- 
gnait pas, est devenu peu à peu rouge, tuméfié, et un abcès 
s’est formé ; il s’est ouvert de lui-même grâce à des cata- 
plasmes, et a donné environ une cuillerée à bouche de pus 
jaunâtre bien lié. 

Cet abcès était à peine terminé que le sein gauche, à son 
tour, est devenu dur, douloureux, tuméfié; l'inflammation, 
peu à peu, a augmenté en même temps que la malade éprou- 
vai! du malaise, de la céphalée et de l’anorexie. 



— 48 — 



Ces phénomènes, accompagnés de fièvre, s’accentuèrent à 
tel point que la malade dut entrer à l’Hôtel-Dieu vers le 
milieu de mai. 

On lui fit plusieurs incisions et un drainage ; on vida un 
abcès qui contenait environ un verre de pus. Depuis cette 
époque, grâce aux pansements antiseptiques, l’abcès s’est 
peu à peu guéri. 

Actuellement, les seins, assez développés et piriformes, 
sont le siège d'une circulation veineuse très apparente ; des 
deux côtés, le mamelon et l’aréole sont couverts de croûtes 
jaunâtres et eczémateuses. Du côté gauche, la région externe 
du sein est le siège d’un empâtement profond ; la peau est 
encore rouge, violacée, et on constate les traces de quatre 
incisions. Du côté droit, on trouve, en dehors du mamelon, 
une longue fissure presque verticale et qui laisse suinter un 
peu de sérosité. 

Au palper de l’abdomen, on constate que le fond de l’uté- 
rus est à deux travers de doigt de l’épigastre ; le siège est en 
bas, le dos à gauche, la tête en liant sous le foie. Les batte- 
ments du cœur du fœtus, bien nets, ont leur maximum en 
haut et à droite de l’ombilic ; en un mot, grossesse de huit 
mois et demi environ. Présentation transversale. 



Observation XI 

(Thèse de Pingat, 1891) 

Abcès du sein pendant la grossesse consécutif à des écorchures ayant pour cause 
les grattages dus à un produit parasitaire. 



La nommée Marie Pli..., âgée de 23 ans, cartonnière, 
entre le 21 novembre 1890 à la clinique d’accouchements. 

Cette femme, qui est grande et robuste et assez soigneuse 
d’elle-même, s’est toujours bien portée; elle n’a jamais eu 



— 49 — 



d’enfants et a toujours été réglée régulièrement jusqu’au 
mois de mai 1890, époque à laquelle les règles ont apparu 
pour la dernière fois. 

Ce qui amène cette femme à la clinique, c’est une gros- 
sesse de sept mois et un abcès du sein droit, datant, à ce 
qu’elle raconte, d’environ deux mois. 

En examinant le sein droit, on constate, en effet, qu’il est 
rouge, haut, dur et douloureux. On voit autour de l’aréole 
un certain nombre de petits orifices, d’où s’écoule à la pres- 
sion un pus jaunâtre mêlé de sang ; à l’aide d’un stylet on 
tombe dans des poches multiples avec diverticules nom- 
breux. 

En examinant alors la malade d’une façon un peu plus 
complète, on constate qu’elle porte sur différents points du 
corps, le ventre, les avant-bras, l’aisselle et le sein droit, 
des excoriations et de longues éraillures superficielles sem- 
blant produites par des frictions énergiques à l’aide des 
doigts. 

La malade, interrogée, raconte que depuis une époque 
éloignée qu’elle ne saurait nettement préciser , elle est 
atteinte de prurit avec exacerbations nocturnes, prurit qui la 
pousse à se gratter jusqu’au sang, dit-elle. 

Ce prurit était antérieur à l’abcès du sein, car la malade 
reconnaît s’être grattée et écorchée plusieurs fois le sein 
droit avant le début dudit abcès. 

En présence de ces symptômes, bien que l’on ne trouvât 
point de traces nettes de sillon, le diagnostic de gale s’impo- 
sait : les frictions à l’essence de lavande, que l’on pratiqua 
dès le lendemain, firent du reste, en quelques jours, cesser 
le prurit. L’abcès du sein fut incisé largement en divers 
points, drainé et pansé antiseptiquement. 

Pansements et nouvelles incisions en décembre 1890 et 
le 2 février. — La malade, dont le sein n’est point encore 

4. 



complètement guéri et qui a encore un drain, accouche à 
midi d’un enfant à terme et bien portant. 

Suites de couches normales. — Fin février, la malade 
quitte la. clinique complètement guérie. 

Observation XII 

(Lefèxre, Thèse Paris, 1856) 

Abcès. — Erosion du mamelon 

La nommée Esther N..., âgée de 18 ans, ouvrière en cor- 
sets, est entrée le 13 mars 1855 à l’hôpital de la Charité, 
dans la salle Sainte-Catherine au n° 16. 

Cette jeune fille, blonde, lymphatique, d’une bonne santé 
habituelle, ne présente aucun signe physique de phtisie ou 
de scrofule. 

Six semaines avant son entrée à l’hôpital, un bouton appa- 
rut sur le sein droit; elle le gratta et le déchira de manière 
à l’entretenir et en retarder la guérison. Sur ces entrefaites 
elle reçut, trois semaines après environ, à quelques jours 
d’intervalle, deux légers coups de coude, à partir desquels, 
sans autre cause apparente appréciable, le sein droit devint 
le siège de douleurs assez vives accompagnées de rougeur 
et de gonflement. 

14. Nous constatons les symptômes suivants : le sein 
droit a triplé de volume ; il forme une tumeur irrégulière, 
ne présentant toutefois que les signes d’une inflammation 
subaiguë avec une rougeur manifeste surtout à la partie 
externe et supérieure, un empâtement qui se prolonge à une 
assez grande étendue et une douleur peu vive. 11 n’y a pas 
de noyau induré, de plaques cutanées amincies, de fluctua- 
tion bien évidente, en un point quelconque de la peau; 
mais, au contraire, le sein est ferme, tendu, soulevé et don- 



— ot 



nant une sensation analogue à celle d’une vessie pleine 
d’eau. 

Une incision profonde est pratiquée sur le côté externe et 
donne issue à un tlotde pus crémeux; une mèche est intro- 
duite et un cataplasme appliqué sur le sein. 

21. Les parois de l’abcès sont recollées et il ne reste plus 
qu’une petite plaie d’où s’élèvent des bourgeons charnus, 
que l’on réprime avec du nitrate d’argent. 

25. La cicatrice est complète ; la malade quitte l’hôpital . 



Observation XIII 

(Ricahd ; Thèse de Paris, 1880). 

Abcès du sein à 6 mois. — Grevasses. — Gale. 



Marie H..., brunisseuse, 22 ans, originaire de Paris, vient 
à la consultation de l’hôpital Saint-Louis, le 20 avril 1879. 
C’est une fille grande, bien constituée, qui n’a jamais été 
malade; son père et sa mère sont bien portants; elle a 
perdu un frère, en bas âge, d’angine couenneuse. Elle a été 
réglée à l’âge de 12 ans, et, depuis cette époque, elle a tou- 
jours vu ses-règles arriver régulièrement; elle a rarement 
des pertes blanches. 

La malade a déjà eu un enfant; l’accouchement s’est 
effectué à terme et les suites de couches ont été normales. 
L’enfant était bien constitué, mais est mort en nourrice ; elle 
ne l’a allaité que quelques jours, mais n’a pas eu de com- 
plications du côté des seins après la cessation brusque de 
l’allaitement . 

Actuellement, la malade est enceinte d’environ six mois; 
sa grossesse n’a été signalée par aucun accident autre que 
celui pour lequel elle se présente à la consultation. 



55 — 



Depuis huit à dix jours, dit-elle, son sein droit est très 
gros et douloureux. On constate en effet que les deux seins 
sont très développés, que l’aréole est très pigmentée et le 
mamelon bien conformé. Mais, sur la partie antéro-externe 
de la glande, on trouve une masse dure, du volume d’une 
petite orange ; au-dessus, la peau est bien tendue, lisse sans 
rougeur au niveau de cette tuméfaction. Quand on a soin de 
bien fixer le sein dans son ensemble, on sent une fluctuation 
profonde, mais manifeste. Autour du mamelon, de ce côté, 
on voit une petite plaque d’eczéma suspecte, siège de prurit 
intolérable, qui porte la malade à se gratter et à la faire 
s’écorcher. La nature de cet eczéma ne tarde pas à se révéler 
par la présence d’une démangeaison analogue sur les mains 
et sur le ventre, et la constatation dans ces deux régions de 
l’existence des sillons et des vésicules de la gale. 

Dans l’aisselle correspondant au sein malade, on perçoit, 
par la palpation, deux ganglions gros comme des fèves et 
très douloureux. L’abcès est ouvert ; il en découle quatre 
ou cinq cuillerées de pus épais, crémeux, bien lié. On fait 
une injection phéniquée et on introduit dans la cavité de 
l’abcès un drain. 

La malade va tous les deux jours à la consultation se faire 
panser. Chaque fois, on raccourcit le drain. Quatre jours 
après l’ouverture de l’abcès, on fait subir à la malade le trai- 
tement de la gale, usité à Saint-Louis : il suffit d’une seule 
séance pour la guérir. 

La cavité de l’abcès diminue de plus en plus; il ne s’écoule 
plus par son ouverture qu’une quantité insignifiante de pus; 
l’induration persiste cependant tout autour de la partie 
malade, mais au bout de quatorze jours la cicatrisation est 
complète. 



















— 53 — 



Observation XIV 

^Boutet, — Thèse Paris 1894) 

Lymphangite et induration de plusieurs lobules du sein droit, chez une femme 
enceinte ue six mois. Guérison par le pansement humide compressif. 

La nommée Macfi..., âgée de 19 ans, entre le 7 avril 1894, 
dans le service de M. Champetier de Ribes, à Tenon, cham- 
bre n° 1 . 

Elle est domestique. Depuis 8 jours, elle soutire du sein 
droit. 

Jusque-là sa grossesse avait été normale. C’est en effet 
une primipare à son sixième mois de grossesse. 

11 est impossible de découvrir la cause de sa lymphangite 
du sein. 

Ses mamelons sont en bon état, elle dit n’avoir jamais eu 
d’écorchure ni d’eczéma de l’aréole. Elle-même est bien por- 
tante, et n’a pas eu de contusions du sein. 

Cependant on constate une invasion lymphangitique très 
nette de la moitié externe du sein droit, sans adénite axil- 
laire. Plusieurs lobules gandulaires de cette même moitié 
du même sein sont indurés et douloureux au palper. Mais à 
la pression on ne peut pas faire sortir du pus par le mame- 
lon. On n’obtient ainsi que quelques gouttelettes de lait. 
L’autre sein est normal. La malade dort très bien, soutire 
peu, et n’a jamais eu de fièvre. 

On applique sur le sein malade un pansement humide, fait 
de huit doubles de tarlatane bouillie, trempée dans la liqueur 
de Van Swi'eten, recouverte de taffetas gommé, et d’une cou- 
che épaisse d’ouate, le tout maintenu par une bande de tar- 
latane comprimant fortement. Ce pansement est renouvelé 
tous les jours. 



— Di — 



Le quatrième jour, la lymphangite a totalement disparu, 
mais les lobules glandulaires indurés sont encore perceptibles. 

On continue la compression jusqu’au 21 avril, date de 
sortie de la malade, et alors la guérison est complète. 



Observation XV 

(Th. Ricard, 1880 Paris). • 

Abcès du sein à 8 mois. — Grevasses du mamelon. — Engorgement douloureux 
des ganglions axillaires (rédigée par M. Ricard, sur les notes de M- Lelat, 
interne des hôpitaux). 

Marie Binet, 20 ans, domestique, originaire du Loir-et- 
Cher, entre le 19 janvier 1880 à la Maternité, salle Sainte- 
Adelaïde, n° 1, service de M. Tarnier. C’est une grosse fille 
à la lèvre épaisse, d’aspect lymphatique, ayant eu, dit-elle, 
beaucoup de coups d’air dans les yeux vers l’àge de 7 à 8 
ans. Elle ne présente actuellement aucune trace de ces 
ophtalmies ; du reste, sauf une rougeole à l’àge de 3 ans, 
elle n’a jamais fait de maladies sérieuses. 

Elle a été réglée à l’âge de 13 ans et depuis a vu venir ses 
règles toujours très régulièrement. Elle n’a jamais eu de 
pertes blanches sauf depuis qu’elle est enceinte. 

Elle est enceinte pour la première fois; ses règles ont 
paru pour la dernière fois le 15 avril, et ont duré trois jours ; 
elle est donc à peu près à terme au moment où elle entre 
dans le service. 

Cette malade a des seins volumineux, les mamelons sont 
effacés et recouverts de pellicules épidermiques très abon- 
dantes; elle a des habitudes de malpropreté, mais n’a 
cependant des parasites d’aucune espèce. 

Vers le mois de décembre dernier, c’est-à-dire au huitième 
mois de sa grossesse, elle a eu le mamelon du sein gauche 



— 55 — 



excorié par des crevasses dues au froid ; elle ne se rappelle 
pas avoir reçu de coups ; ces crevasses étant le siège de 
prurit assez vif, elle les grattait et les écorchait souvent ; 
aussi, voyant qu’elles n’avaient aucune tendance à guérir, 
elle alla consulter un médecin qui lui fit appliquer à ce niveau 
une pommade, dont elle ne se rappelle plus la composition ; 
mais, au lieti de diminuer, l’irritation ne fit qu’augmenter. 
Sur la partie latérale gauche du sein, une grosseur ne tarda 
pas à se montrer; cette grosseur, pour employer ses pro- 
pres expressions, ressemblait à une glande. Enfin, peu à 
peu, le sein malade est devenu plus gros et douloureux en 
même temps. 

Au moment où elle entre à l’hôpital, oii elle s’est décidée 
à venir parce que depuis quinze jours elle souffre beaucoup 
de son sein, qu’elle ne peut dormir, qu’elle a de la fièvre, le 
sein gauche est très volumineux et très tendu. Sur la partie 
externe on sent une masse dure, très douloureuse, qui 
paraît comme enchâssée dans le sein et occupe la moitié de 
l’organe. La peau qui recouvre cette masse présente une 
teinte rosée uniforme, qui tranche bien avec la coloration 
normale des parties voisines. Le mamelon et l’aréole, qui 
est très pigmentée, sont en dehors de la zone rouge ; on y voit 
des traces d’excoriations à peu près guéries maintenant. 

En pressant légèrement sur la partie enflammée, on cons- 
tate un peu d’œdème ; on sent également la fluctuation, dont 
la recherche est très douloureuse, mais on la sent cependant 
très nettement, quand on met les doigts explorateurs à une 
certaine distance l’un de l’autre (2 à 3 centimètres), ce qui 
prouve d’une façon incontestable qu’il y a une grosse collec- 
tion de pus. 

La malade a la peau chaude, la langue sale; elle a perdu 
1 appétit. Dans l’aisselle correspondant au sein malade, on 
trouve sous le grand pectoral deux ou trois ganglions, gros 



— 56 — 



comme des noisettes, très douloureux ; il n’existe aucune 
rougeur, ni aucune modification de la peau à leur niveau. 

20 janvier. L’abcès est ouvert, à l’aide d’une large inci- 
sion ; il s’en écoule un demi-litre de pus environ. Ce pus est 
épais, jaune, très louable. On fait dans la cavité de l’abcès 
une injection phéniquée au quarantième; on place un drain 
et on applique un pansement de Lister. La malade est aussi- 
tôt soulagée et se lève dans la journée. 

21. Le môme pansement est appliqué ; il s’est écoulé très 
peu de pus parla plaie. 

23. Même état, même pansement. 

24. 11 ne sort plus qu’une quantité insignifiante de pus ; 
le drain ne s’enfonce plus que de 2 centimètres ; autour de 
la cavité de l’abcès, considérablement diminué, on trouve 
une masse indurée douloureuse ; la malade sort du service. 
Quelques jours après, elle était complètement guérie; il ne 
lui restait plus qu’un peu d’induration au niveau de la partie 
malade. 

Observation XVI 

Boutet (Thèse Paris, 1894). 

Traitement et guérison pendant la grossesse, chez une femme enceinte de 8 mois, 
d'une fistule du sein, datant d’une année, consécutive à un abcès du sein par 
traumatisme en dehors de la grossesse et de l’allaitement. 

La nommée Fernande L .., âgée de 34 ans, infirmière, 
a reçu, en 1890, en maintenant un malade, un coup sur le 
sein droit. Un petit abcès s’est formé à la partie inférieure 
de ce sein. Sa marche fut très lente. En 1893, un médecin 
ouvrit cette poche et en retira 20 grammes de pus. Depuis 
cette époque, il existe, au niveau de l’incision, deux petites 
fistules conduisant dans une petite cavité, qui intéresse des 



57 — 



éléments glandulaires. Tous les jours, écoulement par ces 
trajets de quelques grammes de pus grisâtre. Les lobules 
glandulaires autour de ces fistules sont durs, indolents. Cette 
mamelle n’a pas augmenté de volume sous l’influence de la 
grossesse, tandis que l’autre a un volume égal au double de 
celle-ci. L’examen microscopique du pus n’a pas été fait, 
mais la lenteur de la marche, l’indolence de la lésion, l’as- 
pect du pus et le mauvais état de la malade font penser à 
une suppuration de nature tuberculeuse. 

La malade n’a ni ganglions engorgés ni lésions pulmo- 
naires Mais elle est amaigrie, fatiguée, sa mère est morte 
phtisique 11 y a un an, cette malade a eu la fièvre typhoïde, 
dont elle a gardé une endocardite généralisée. 

Nous la voyons à la Maternité de l’hôpital Tenon, eham- 
bre 3, le 14 avril 189L Llle est alors enceinte de six mois 
et 4 jours. Jusque-là sa fistule n’a pas été soignée. On com- 
mence alors à lui faire, tous les jours, dans les deux trajets, 
une injection de liqueur de Van Swieten, suivie de l’instilla- 
tion de quelques gouttes de teinture d’iode, de naphtol cam- 
phré ou de chlorure de zinc qu’on remplace tous les trois 
jours par une cautérisation des trajets au crayon de nitrate 
d’argent, ou par l’introduction dans ces trajets de crayons 
d’iodoforme. Puis on fait un pansement compressif du sein. 
L’amélioration est très rapide, malgré la grossesse, que l’on 
considère généralement comme prolongeant la durée des 
suppurations du sein, et en trois semaines la guérison com- 
plète est obtenue. 

« Ainsi que le fait remarquer le D 1 ' Boutet, bien qu’il ne 
s’agisse pas ici d’un abcès survenu dans le cours de la gros- 
sesse, on peut noter que la grossesse n’a pas eu d’influence 
mauvaise sur cet abcès et la guérison a été obtenue avant 
l’expulsion du fœtus ». 



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Observation XVII 

(Boutiit. Thèse, Paris, 1894) 

Abcès du sein à 7 mois chez une femme euceinle. — Incision. — Guérison avant 

l'accouchement. 

La nommée Gabrieile Mon..., âgée de 23 ans, primipare, 
enceinte de 7 mois. — Pendant presque toute sa grossesse 
elle a eu des démangeaisons très vives du mamelon et de 
l’aréole, causées par des lésions eczémateuses peu accusées 
de cette région. Ses seins ont beaucoup augmenté de vo- 
lume et sont devenus très tendus. Elle a eu, à plusieurs repri- 
ses, des écorchures sur le mamelon. 

L’abcès a débuté brusquement sur le sein gauche par de 
la lymphangite, de l’induration des lobules glandulaires dans 
la partie inférieure de ce sein, qui est devenu extrêmement 
douloureux, même à la simple pression des vêtements. Il y a 
eu de l’engorgement des ganglions axillaires et de la fièvre, * 
39°, avec frisson le premier jour. 

Au bout de 5 jours, la lymphangite avait disparu, le sein 
était moins douloureux, mais on commençait à percevoir, en 
place de l’induration, de l’empâtement œdémateux, bientôt 
remplacé par de la fluctuation véritable. 

Il y avait à la partie inféro-externe du sein gauche une 
petite collection suppurée. On incise largement l’abcès, il en 
sort une cuillerée à bouche de pus phlegmoneux, on lave la 
cavité à la liqueur de Van Swieten,on touche ses parois avec 
un tampon d’ouate imbibé de teinture d’iode. On met une 
mèche de gaze iodoformée, et l’on achève le pansement. Tous 
les jours, la plaie est lavée au sublimé, puis badigeonnée au 
naphtol camphré. La suppuration diminue de jour en jour. 



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Aucun nouveau foyer de suppuration ne se montre, ni dans 
ce sein, ni dans celui du côté opposé. Un mois après l'inci- 
sion, la cicatrisation était achevée. Nous avons revu la ma- 
lade depuis. Elle a pu allaiter son enfant avec ce sein, sans 
la moindre douleur, ni la moindre inflammation . 



CONCLUSIONS 



1. Les abcès du sein pendant la grossesse, quoique rares, 
méritent d’être connus du chirurgien et spécialement du 
médecin accoucheur. 

2. Certains abcès ne diffèrent en rien, tant .au point de 
vue de leur pathogénie que de leur symptomatologie, des 
abcès du sein puerpéraux. 

3. D’autres abcès au contraire, qui surviennent chez des 
femmes enceintes, ne présentant aucune solution de continuité 
au niveau de l’aréole ou du mamelon, offrent un grand inté- 
rêt. Nous avons démontré que, dans ces cas, l’infection ne 
pouvait se faire que par la voie sanguine. 

4. Importance du traitement prophylactique. 

5. Incision large. Drainage. 



Vu et permis d’imprimer : 
Montpellier, le 9 Juillet 1903. 
Le Recteur, 

A. BENOIST. 



Vu et approuvé : 
Montpellier, le 9 Juillet 1903 
Le Doytn, 

MAIRET. 



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SERMENT 



En présence des Maîtres de cette Ecole , de mes chers Condisciples 
et devant l’effigie d’Hippocrate, je promets et je jure , au nom de 
l'Être Suprême, d’être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité 
dans l’exercice de la Médecine. Je donnerai mes soins gratuits à l’in- 
digent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. 
Admis dans l’intérieur des maisons, mes geux ne verront pas ce qui 
s’ g passe ; ma langue taira les secrets qui me se/'ont confiés et mon 
état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime. 

Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs 
enfants l’instruction que j’ai reçue de leurs pères. 

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle âmes pro- 
messes. 

Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y 
manque.